la vie est ailleurs mais où?

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L’étroitesse d’esprit reflète sa propre inanité sur le monde. Et de fait, elle marchait en longeant les murs de sa bêtise, croyant fermement à ce qu’elle voyait. La vie épinglée à son tableau, comme un pauvre papillon qui fût un jour vivant, elle répétait ce doux séjour que les pigeons n’ont de colombes qu’en rêves. Le plus clair de leur temps, la satisfaction des miettes consensuelles leur permettaient de se sentir dociles et repus. En compagnie en somme. Certes, ce n’était pas parce qu’ils avaient tous tort qu’ils avaient raison mais en attendant, les multivers se faisaient désirer.

le silence éternel de ces espaces infinis

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Le son est une vibration mécanique qui se propage sous forme d’onde, un peu comme la vague à la surface de l’eau: il a besoin de matière pour évoluer dans le milieu où il est produit, que ce milieu soit liquide, solide ou gazeux. Or, dans l’espace interstellaire, la densité de matière est beaucoup trop faible pour que le son puisse y prendre appui: dans l’univers intersidéral, règne un silence infini.

Quoiqu’il en soit, pour remettre les pieds sur terre, si l’oreille est l’organe qui sert à capturer le son et si dans une forêt lointaine et comme par magie déserte, un arbre s’effondre, l’onde sonore va pouvoir se propager mais s’il n’y a pas d’oreille pour la capter, qu’en est-il du bruit provoqué par sa chute? On peut dire qu’il n’y en a pas, indépendamment de l’observateur, tout se tait.

périphérie du soleil

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Il allait de l’avant, toujours, il allait de l’avant. Un peu parce qu’on le lui avait appris, un peu parce que ce mouvement lui était naturel. Quand il eut parcouru émerveillé la circonférence de la planète, il trouva au paysage un petit air de déjà-vu mais il poursuivit. Au troisième tour, le déjà-vu se transforma en ennui, au quatrième en aphasie, au cinquième en désespoir et au sixième il rebroussa chemin, ce qui fut sans aucun effet bien entendu puisqu’il était déjà passé par là mais il continua. Il traversa  le désespoir, l’aphasie, l’ennui, le déjà-vu puis ce fut l’émerveillement!

 

 

physique et sans issue

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La vie est parfois amusante. Ce qu’on avait nommé à 17 ans et faute de mieux, l’Absolu, s’était dissous entre temps dans le temps devenu fin comme un couperet, pratiquement large comme l’instant. De fait, ce que l’on croyait devoir arriver accompagné par le chant des sirènes révélant une raison de vivre au milieu d’une mer aussi vaste qu’insipide, advenait de façon tout à fait régulière, c’est à dire mécanique pour des millions d’êtres qui à juste titre n’avaient jamais ni conçu l‘Absolu, soit par manque d’inspiration, de nécessité ou d’imagination, ni même cherché tout simplement et trouvé en conséquence, de raison de vivre. Ça n’était pas de se découvrir banal qui brûlait au creux du torse, faire par miracle ou faire tout court, au fond, quelle différence sinon tout intérieure et personnelle? Ce qui brûlait c’était la fin d’une illusion, l’aridité d’un sentiment de liberté qui isolait plutôt qu’unir, la vanité de l’émotion et de toute présomption.

la chute

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À un certain point, tout semblait s’arrêter et se figer. Cela ressemblait à l’idée que l’on se faisait de l’ennui parce qu’à ce point, précisément, de tangible, il n’y avait plus que des idées, des images et rien qui ne soit réel, rien qui n’ait la densité du corps mort de ma mère dans le sous-sol glacé de la clinique. Ici tout cela bougeait mais cela n’était rien et rien n’existait pas non plus. Les mots encombraient la candeur de cet instant aride, abrupt, qui dégringolait tout à coup dans un espace nouveau qui se heurtait à l’apparence de l’ancien. Ne pas avoir d’idées, ne pas s’inquiéter, ne pas penser à l’instant d’après, se tenir ici-même, accrochée à sa respiration comme à l’ultime objet vivant. Derrière les projections qui m’aveuglaient, il n’y avait que l’amour. Le reste, on l’oublierait.