les extraordinaires aventures du petit chaperon vert

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Il était une fois un petit chaperon vert qui ne voulait pas aller chez sa grand-mère.

– Oh! Ce n’est pas à cause du bois, il n’y en a plus.

Ses yeux parcouraient la perspective butée d’une périphérie qui était au centre de son tourment.

– Certes, il faut dire que les raisons d’un éventuel contentement sont difficiles à trouver, mais en vérité, on ne les cherche plus, on est donc assez peu déçu. Non, ça n’est pas cela… Comment dire?

La brise d’été s’insinua entre les murs gris. Quelques brins d’herbe sale défiaient la dalle de ciment horizontal et rappelaient toutefois qu’on était ici sur terre et qu’il s’agissait d’une planète vivante.

– Bon, si je ne m’abuse, ce que l’herbe peut, Dieu le veut… ou quelque chose comme ça, je ne me souviens plus… Oh tout est si loin que j’ai oublié comment on se rappelle!

Le grand méchant loup traversa l’espace, il sortait du supermarché avec ses courses.

Il ne vit pas le petit chaperon vert qui regardait les brins d’herbe comme l’affamé, le pain.

constellation intérieure

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Quand on n’a que l’amour à offrir en partage chante la chanson, on s’assoit sur le trottoir et on regarde les nuages. Que la matière existe mais ne soit pas réelle est une affirmation qui n’aide que très relativement à vivre vu qu’ici-bas, tout se qui peut se faire se fait dans la matière, à travers la matière. L’esprit même est véhiculé par la matière qui est intelligente. Ainsi, malgré tout, on ne répond pas aux seules véritables questions qui rebondissent sur une table de ping pong imaginaire : Qu’est-ce que cette force vitale? Et cette matière qui l’héberge un temps défini? Qu’est-ce que cet amour qu’on éprouve? On pénètre ces questions plus qu’on y répond, on y répond en vivant, on entre dans l’espace qu’elles ont ouvert et on bouge différemment : ce qui allait de soi est étrange et ce qui est étrange va de soi. On suit des yeux les rondes balles de ping pong comme des planètes folles dans l’univers intérieur.

l’indispensable condition

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Il était une fois et c’était une bonne fois. Mais non, c’était une autre fois. Il y avait un système mécanique qui fonctionnait très bien mais un certain drôle se mit en tête que sans lui, il ne fonctionnait plus. Quel découverte et quel courage il lui fallut pour ne pas se sauver en courant! Et quelle ardeur au travail ensuite, à suivre les circonvolutions des engrenages, complexes, il faut le reconnaître. Et voilà notre drôle qui ne sait plus où donner de la tête. Pour commencer, il ne sait rien du rythme auquel se meut la chose. Et donc prend les vessies pour des lanternes, c’est à dire les pauses normales du système pour des avaries qu’il s’évertue alors de résoudre. Son intrusion dans l’harmonie de la chose génère de sérieux problèmes. Qu’il ne sait pas résoudre. Ensuite, en tentant de résoudre les problèmes qu’il a lui-même généré, notre drôle qui en a ainsi créé d’autres, commence à éprouver une anxiété sourde et rapidement, il tombe malade. Il est au désespoir de laisser le système en l’état, chaotique, et ne parvient pas non plus à régénérer son propre corps. Mais cette histoire n’a que trop duré, il est temps de lever les yeux au ciel et d’observer dans le firmament, le sable du désert qui scintille dans les rayons lunaires tomber sur terre. Au matin, la rosée aux vertues miraculeuses ne fera pas plus de bruit que le bleu du ciel.

déboires d’une assoiffée

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Il m’est arrivé quelque chose d’étrange. Mes pas m’avaient portée au zoo. S’il est étrange que mes pas m’aient portée au zoo, il est surtout étrange qu’une chose comme un zoo existe mais là n’est pas la question, non. J’observais une girafe que de nombreux visiteurs semblaient s’attendre à voir sauter de joie. Ils étaient visiblement déçus de la trouver tête basse, comptant les brins d’herbes sans espoir d’arriver à un quelconque résultat. Quand les visiteurs s’éloignèrent, se dirigeant vers la cage des chimpanzés qui allaient sans doute tout autant les décevoir de ce point de vue-là, la girafe s’approcha de moi :
– C’est fou ce que les foules se délectent du spectacle de l’emprisonnement!
– Les foules peut-être mais rarement les individus, répondis-je magnanime.
– Ceci dit, je n’ai pas de montre, continua-t-elle et sans grand à propos, tu comprendras qu’ici, elle ne me sert pas à grand chose. Je ne vais plus au bureau, on est nourri logé…
Puis, comme elle s’était tue, songeuse à nouveau, je continuai pour la distraire :
– Je comprends, je n’en ai pas non plus d’ailleurs. L’avantage avec le temps, c’est qu’il n’existe pas.
– Un peu comme l’espace, ajouta la girafe pensive, et pourtant, comme c’est curieux, parfois il manque cruellement.

l’art de vivre

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Il était une fois un extraterrestre. On l’a déjà dit mais c’était une autre fois et surtout, c’était un autre extraterrestre. Il ne décida pas de venir faire un petit tour sur Terre parce qu’il y était déjà passé, rapidement, un été durant sa tendre jeunesse, quand il n’avait pas 37895 ans. Il n’avait pas de souvenir particulier de la Terre, ni non plus ne sentait le besoin d’en avoir.  Il avait étudié sa géographie universelle, voilà tout. D’autre part, la galaxie du Soleil était si loin… Il cogitait tranquillement à l’ombre d’une fougère géante en sirotant un extrait de musc particulièrement velouté. Parmi les très nombreux habitants de cette planète bleue comme une orange, habitants qu’il avait soigneusement étudié un à un et qui  l’avaient émerveillé sinon stupéfait, il n’avait par contre jamais bien compris les humains. Les questions que l’étude de ces spécimens avait soulevées voletaient encore dans l’air à l’instant frais et rosé de la mi-journée. C’était sans doute le propre de ce peuple de faire des nœuds le matin pour pouvoir les défaire durant le reste de la journée et inversement, la nuit. D’une façon générale, cela occupait tout le temps qui leur était imparti sur Terre. En vérité, pensait-il, jamais je n’ai connu auparavant de potentiel incarné qui s’ignore autant et grandit dans l’aveuglement presque total, comme une jeune pousse courageuse sous un caillou immobile.

ce n’est pas parce que l’été va arriver que l’hiver n’est pas froid

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Il était une fois un extraterrestre. Les extraterrestres ne sont pas terrestres, ce qui joue souvent en leur faveur dans l’univers. Donc, il était une fois un extraterrestre qui décida, on ne sait pas pourquoi, de venir sur Terre. Ce ne fut pas la meilleure idée qu’il eût au cours de sa déjà longue vie –  il avait 72 432 ans au moment où il prit cette curieuse décision – mais enfin, ce ne fut pas non plus la pire. Quelle idée eut-il qui fût pire que celle-ci, on ne le saura pas et comme souvent, on n’aura d’autre choix que de croire sur parole – ou pas – le narrateur. Mais revenons à nos moutons, qui sont nombreux. En vérité, il ne vint pas sur Terre mais resta en suspens au dessus de quelques villes du globe, sans faire de bruit. Il mettait 40 secondes pour aller de Palm Beach à New Delhi, ce qui donne une idée de la rapidité avec laquelle il fit le tour du monde. Il repartit comme il était venu et quelques années plus tard, il était chez lui. Au cours de son voyage de retour, il eut le temps de se demander pourquoi les terriens faisaient si grand cas de leur planète alors qu’ils en faisaient si peu cas.

les adultes ne croient pas au père noël, ils votent

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Le soleil pointait le bout de son nez à l’horizon. Le soleil n’a pas de nez, pourriez-vous objecter, encore moins de bout de nez et vous en auriez bien le droit. Il se levait donc, mais objecterez-vous encore, le soleil ne se lève pas, c’est la terre qui tourne sur elle-même. Très bien, le soleil était décidément en train de pointer à l’horizon et vue la lenteur de nos prémisses, il était déjà pratiquement au zénith.

– Encore une histoire abracadabrante!

– Pinocchio, je ne t’ai pas sonné!

Où en étais-je…

– … pratiquement au zénith.

Donc le soleil était pratiquement au zénith, ce qui ne rapprochait pas l’horizon.

– Je ne vois pas de soleil!

Ce pantin a l’art de m’interrompre. Il ne voit pas de soleil mais le soleil en est-il moins au zénith de notre histoire? Non.