fiasco

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C’était long. Il n’en finissait pas de sentir mourir ses espérances, voire même plus prosaïquement, ses espoirs. Ce qui était tout naturel, ceux-ci étant voués à l’attente, à la confiance certes mais toujours différée. À quoi cela tenait-il? À rien, justement. La distance de l’illusion à la projection dans laquelle il vivait avait été comblée par des visions qui ne se réalisaient guère que par à-coups. Comme les sursauts d’un moribond. Si le monde était méchant, c’était banal de le constater et cela reflétait sa méchanceté à lui, d’autre part, quand il était de bonne humeur, le monde était merveilleux et cela ne changeait rien car tout semblait toujours suivre son cours sans que sa présence ne lui apparût ni dans un cas ni dans l’autre véritablement indispensable, sinon pour contempler le spectacle ou y participer. La vraie vie est ailleurs avait-on dit plutôt loyalement mais où si tout était là? Cet ailleurs creusé dans son torse et dans sa tête qu’il faillissait à partager.

l’armistice

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Il s’assit près d’elle.

– Comment vas-tu? lui glissa-t-il à l’oreille.
– Bien, répondit-elle en souriant.

Comment aller mal dans un tel cas? La vie était simple bien que l’on n’y comprît absolument rien. La joie catapultée du ciel faisait briller quelque chose au fond du coeur. Sur un haut plateau, à une autre latitude, un manteau de neige (oui on dit bien un manteau de neige) scintillait au soleil.