déboires d’une assoiffée

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Il m’est arrivé quelque chose d’étrange. Mes pas m’avaient portée au zoo. S’il est étrange que mes pas m’aient portée au zoo, il est surtout étrange qu’une chose comme un zoo existe mais là n’est pas la question, non. J’observais une girafe que de nombreux visiteurs semblaient s’attendre à voir sauter de joie. Ils étaient visiblement déçus de la trouver tête basse, comptant les brins d’herbes sans espoir d’arriver à un quelconque résultat. Quand les visiteurs s’éloignèrent, se dirigeant vers la cage des chimpanzés qui allaient sans doute tout autant les décevoir de ce point de vue-là, la girafe s’approcha de moi :
– C’est fou ce que les foules se délectent du spectacle de l’emprisonnement!
– Les foules peut-être mais rarement les individus, répondis-je magnanime.
– Ceci dit, je n’ai pas de montre, continua-t-elle et sans grand à propos, tu comprendras qu’ici, elle ne me sert pas à grand chose. Je ne vais plus au bureau, on est nourri logé…
Puis, comme elle s’était tue, songeuse à nouveau, je continuai pour la distraire :
– Je comprends, je n’en ai pas non plus d’ailleurs. L’avantage avec le temps, c’est qu’il n’existe pas.
– Un peu comme l’espace, ajouta la girafe pensive, et pourtant, comme c’est curieux, parfois il manque cruellement.

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