la voie lactée

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Pour broyer du noir, ça n’est pas compliqué. Il suffit de trouver du noir et de le broyer. On peut le broyer du matin au soir, il n’y a pas d’heure spécifique. On peut aussi le broyer toute la nuit, on ne dormira pas mais ce sera toujours ça de fait pour le lendemain. Toutefois, il faut se rendre à l’évidence, la quantité de noir étant infinie, ce travail est sans fin. Vous vous demanderez où on trouve le noir et je vous répondrai partout. Le noir est très facile à trouver, par exemple, il suffit d’allumer la télé. Sans suivre le conseil de Groucho Marx qui s’exclamait que la télé était très instructive, à chaque fois qu’on l’allumait, il changeait de pièce pour aller lire un livre. Oui, on peut lire autre chose qu’un livre. La preuve. Pour en revenir à nos moutons qui sont nombreux, il faut constater que le temps passé à broyer du noir n’est pas passé à autre chose. Ce qui est bien dommage, vous en conviendrez, quand on se retrouve catapulté sur une des rares planètes où l’on puisse respirer, dans une galaxie parmi des milliards dans un univers sans doute infini.

les causes des conséquences

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S’il y a un feu, il y a de la fumée et inversement, s’il y a de la fumée, il y a de grandes chances et je pèse mes mots, qu’il y ait un feu quelque part. Ce qui signifie qu’il n’y a pas d’effet sans cause, ni de cause sans effet. On l’avait compris tout seul. Quoique. S’il y a une cause, il y aura un effet et s’il y a un effet, il y a une cause quelque part, on peut la chercher. Bien entendu, avec le feu, c’est plus simple, il y a de fortes probabilités que la fumée s’en échappe. Les effets des causes, on ne sait pas nécessairement où ils sont. D’ailleurs on peut très bien songer en sirotant un Porto, qu’il n’y en a pas. D’effets, ou de causes.

qui mal y pense

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Quand on cherche à y comprendre quelque chose, en général, on n’y comprend rien. On a alors beau chercher, on ne trouve pas, même si à vrai dire et c’est la moindre des choses, on ne va pas mentir non plus, même si disais-je… je ne sais plus où j’en suis. Je recommence. Sur la mauvais voie. Quelle voie? La mauvaise. Bien, je recommence. Quand on cherche à y comprendre quelque chose, en général, on n’y comprend rien. Alors on obéit. Mais l’espace-temps me presse, je dois vous saluer.

les quatre chemins

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Il n’y allait jamais par quatre chemins. Vous me direz, pourquoi y serait-il allé par quatre chemins? Et d’ailleurs où va-t-on par quatre chemins? Parce qu’au fond, derrière ce qu’on appelle la sagesse populaire, le bon sens commun, il y aussi beaucoup de morts. Et pas forcément violentes. Mais là n’est pas le sujet. Le sujet d’ailleurs n’est jamais là où on l’attend. Surtout quand on prend quatre chemins pour y parvenir. Le sujet a la fraîcheur d’entrailles de la vie muette et on se perd souvent à tenter d’y arriver. On emprunte parfois quatre chemins pour l’atteindre, que l’on ne rend jamais d’ailleurs, parce que les chemins usurpés, nul n’en veut plus et que d’autre part, ils ne servent à rien. Et non parce qu’ils ne mènent nulle part, ce serait un moindre mal s’il en est (et j’en doute) non, ils mènent en des lieux précis que je ne vais pas vous énumérer mais vous en connaissez déjà un grand nombre.

l’heure de gloire

 

LD Sens, ..MBERTVS, Forum DP n°100161 (Rémus 26-10-2011), 1,10 g.jpg

 

Je ne sais plus qui disait L’argent ne fait pas le bonheur, imaginez ne pas en avoir! mais il faut convenir que c’est judicieux. On dit aussi que l’argent n’a pas d’odeur – à vrai dire n’en sais rien, je ne passe pas mon temps qui est de l’argent à renifler des billets de banques… on dit encore (on fait ce qu’on peut) qu’un sous est un sou, ce qui semble somme toute assez logique, je n’ai pas encore trouvé quelqu’un qui ait soutenu le contraire, voire qu’un sou en sont deux ou trois, quatre, cinq, six, sept etc (c’était un exemple).

quelle heure est-il madame Persil?

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Le temps passe vite, je dirais même, inévitablement et tout à coup, on voit midi à sa porte. Il n’est certainement pas midi à la porte du voisin. Il est midi à ma porte. Comme il faut voir midi à sa porte, je regarde midi à ma porte, la main sur la poignée, les yeux rêveurs et je me demande quelle heure il peut bien être chez mon voisin. S’il est midi à ma porte qui sait quelle heure il doit être chez lui, à sa porte.
Et puis comme je n’ai pas que ça à faire, je ferme la porte et retourne vaquer à grand bien me fasse.

le cœur à l’ouvrage

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Parfois, je me lève très tôt le matin, je me prépare, je me coiffe, me décoiffe, me recoiffe… bref, je ne vais pas m’étendre sur des détails aussi insignifiants. Et je m’interpelle comme ça, de bon matin :
– Il ne faut pas couper les cheveux en quatre.
Immédiatement, je m’interroge, du tac au tac :
– Et pourquoi pas?
À quoi je me rétorque sans hésiter :
– Parce qu’il ne faut pas. Quand on est une petite fille bien élevée, on ne pose pas de questions, une petite fille bien élevée est obéissante.
Je reste ainsi un instant suspendue, toute coite. Et je réfléchis. Suis-je si élevée que ça?
Soit, il ne faut pas couper les cheveux en quatre. D’abord, parce que ça ne sert à rien (on ne sait jamais où les mettre après, j’en ai des boîtes pleines, tiens, à propos, il faudra que je les descende à la cave) ensuite parce qu’il est notoire que les cheveux repoussent : on n’en a donc jamais fini. Il vaut mieux jeter la cruche à l’eau par exemple, de cruche, il n’y en a qu’une. Et tant va-t-elle à l’eau qu’à la fin elle se casse, donc autant la jeter tout de suite, on évite bien des tracas et on peut se couper les cheveux en quatre en toute tranquillité après.