la disparition

Jacqui Kenny cloudfront.net.jpg

Il saisit, dans la brièveté de l’instant qui déjà se dissipait, la silhouette de la jeune femme qui s’éloignait. Elle disparut à l’angle de la rue et il crut perdre l’équilibre au spectacle de cette rue vide d’elle tout à coup.
– Tu mens, elle avait dit en creusant dans ses yeux à lui deux trous. Et comme il avait esquissé un geste vers elle, elle avait bougé et évité sa main, en déplaçant à peine son beau visage de côté. Sa main à lui était restée en suspens dans le vide qui les séparait.
Puis elle avait baissé les yeux. Elle n’avait jamais aimé blesser. Elle ne le faisait pas de bon gré et n’en tirait aucun plaisir. Ses paupières étaient deux voiles gonflées d’un vent que lui ignorait, ses longs cils distribuaient les larmes sur la joue, oh douce et rebondie, pleine, intouchable.
Il baissa les siennes et attendit que la vie, étrange et clémente, se décidât à refluer.

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.