bouche que veux-tu?

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Il marchait depuis peu. C’était simple, il n’avait fait que quelques pas. La rue ouverte, criante vers le ciel si près, à toucher du bout des doigts, immense, adorable, jamais vu. Accroché à un téléphone portable comme par un fil à la vie béante, il tournait un peu en rond. Il la vit. Elle se mit en devoir d’épousseter son manteau de laine et insista plus qu’il n’était nécessaire, si cela ne l’avait jamais été, et cela ne l’avait jamais été, en effet. Sans y résister, on ne saute pas toujours à pieds joints dans le bonheur.

la première pierre

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Cher René,
comme tu l’auras sans doute imaginé, j’ai préféré hâter mon départ et de la sorte, éviter de rencontrer L. Non que l’envie
m’ait manqué de revoir cet être si étrange, si intérieur, ni même le courage.
C’est autre chose. Il m’est pour l’heure difficile de t’en dire plus. J’ai rêvé plus éveillé que jamais. Il n’existe pas qu’un seul monde.
Je te serre contre moi,
André

Cher René,
j’ai su qu’André était parti ce matin. Il ne m’aura pas devancée, je t’écris de Dieppe. Aussi loin que mon coeur cherche, il ne trouve que vent, vent et vent. André est la première pierre que je rencontre.
Laure

ps : écris-moi poste restante à la T d’Or
Ce matin dans le train j’ai surpris par dessus l’épaule de mon voisin une phrase qu’il avait surlignée « La bouche qui profère le mensonge donne la mort à l’âme »

un soir en ville

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Je me penchai par la fenêtre, le corps en avant pour saisir un pan de lune
L’air frais me caressait le visage
La brise légère creusait dans la mémoire
Les anfractuosités temporelles, dans la tête mobile, étaient profondes
Je me souvins d’une forêt en montagne, d’un soir
Des allées de terre battue qui plongeaient dans la végétation dense, qui s’écroulait sous le parfum sombre des conifères
Je marchais lentement dans un des soirs de ma vie
Avec l’écho, j’écoutais la distance
une enfant avait couru sous des cèdres souverains.

comprendre? quoi?

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Pourquoi m’étais-je arrêté? Était-ce ce visage étrange? Ces deux yeux mobiles? Cet être curieux et nouveau, familier et inconnu? Pourquoi m’étais-je arrêté? Debout, j’attendais. Je ne bougeais presque pas. Elle se rétracta, fit demi tour et me fit face. Elle souriait. Tout son visage souriait. Je pris de plein fouet ce sourire franc sur mon visage à moi et je sentis dans mon torse quelque chose se serrer et s’épanouir. Quelque chose qui palpitait, comme une couronne de pétales qui se serait ouverte, radieuse. Je ne bougeais toujours pas. Je l’attirais à moi.
Elle crut venir de son plein gré. Je l’appelais. Nous naviguions sur une mer mouvementée et limpide. La caresse de la nuit était totale, l’éveil abrupt, simple.
Comprendre? Quoi?

plat de résistance

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C’était un grand jour de grande lumière. On m’avait dit de ne pas trop abuser de ce terme passe-partout, grand, mais j’aimais beaucoup les passe-partout. Surtout par les grands jours, et de grande lumière de surcroît. J’avais une grande envie de dévorer des pans de lunes, des avions à réaction, des sapins entiers, des planètes, des satellites, enfin le strict nécessaire, même si j’étais en arrêt

sur seuil  d’une grande beauté